Coco remporte le prix du journalisme, Une transition écologique plus juste : résumé de l’actualité des Assises du journalisme 2021

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Lauréate du prix du livre du journalisme 2021 pour « Dessiner encore » sa première bande dessinée. Photo : Romain Leloutre/EPJT

Loisirs

Coco remporte le prix du livre du journalisme. « Attribuer ce prix à un seul livre a été difficile parce que ces ouvrages étaient excellents », a déclaré Patrick Cohen, président du jury pour cette année 2021. Les autres nommés étaient Florence Aubenas pour L’Inconnu de la poste, Charles Enderlin pour De notre correspondant à Jérusalem et Jean Hatzfeld pour Là où tout se tait. C’est la dessinatrice Coco qui a été retenue pour son livre Dessiner encore. Très émue, elle est revenue sur sa démarche : « Je suis très heureuse mais c’est un livre qui n’aurait jamais dû exister. » Lors d’un discours émouvant, elle s’est remémorée l’attentat de Charli Hebdo : « Ça a été un miracle d’être vivante ». Dans Dessiner encore, elle évoque sa vie depuis janvier 2015.

 

Hugo Clément remet les prix Éducation aux médias. Le jury du prix d’éducation aux médias, qu’il présidait, a annoncé, mercredi 29 septembre 2021, les lauréats des différentes catégories. Parmi eux, on compte notamment le journal de Nancy L’Est des écoliers, encadré par L’Est Républicain, qui remporte le prix Média ; l’émission de radio, « Partir un jour avec ou sans retour », du collège Jacques-Prévert de Bourg, en Gironde, gagne le prix École ; À l’ouest podcast décroche le prix dans la catégorie Hors Ecole ; le collège de Romorantin et son journal Les Renards devins est vainqueur dans la catégorie Touraine – région Centre-Val de Loire. 

Ils se sont lancés en 2020. « La presse écrite se porte mieux qu’on ne le pense. Désormais, nous comptons 25 000 abonnements » a déclaré Hervé Poirier, rédacteur en chef du nouveau mensuel scientifique Epsiloon. Fritz le magMouvement Up et Epsiloon ont publié leur premier numéro pendant la pandémie de covid-19. D’autres projets sont en cours : Eric Decouty, rédacteur en chef du futur hebdomadaire le Franc-tireur, annonce qu’il sera en kiosque le 17 novembre. Matthieu Pays, rédacteur en chef de Fritz le mag, explique qu’un lancement fonctionne si le média trouve un public précis. Son journal s’est spécialisé : « Fritz fait de l’actualité locale tourangelle pour les enfants et nous avons déjà 500 abonnements. »

Fritz le mag, numéro 6. Photo : Romain Leloutre/EPJT

France

Une transition écologique plus juste. C’est le cœur du grand débat Conjuguer fin de mois et fin du monde. Face au défi d’une transition écologique efficace, il est question de voir quelles sont les populations les plus impactées. Selon Laurent Berger, le secrétaire général de la CFDT,  « il n’est pas envisageable d’évoquer une transition qui n’est pas à la hauteur des citoyens qui la vivent ». Entre emplois perdus et salariés en reconversion, « le changement climatique va inexorablement exacerber les inégalités sociales entre ceux qui peinent à boucler leur fin de mois et ceux qui contribuent le plus au réchauffement climatique », alerte Valérie Masson-Delmotte, co-présidente du Giec.

Médias sous influence… La « Bollorisation » ou la forte influence de Vincent Bolloré dans le monde médiatique fait écho aux Assises. Alexis Levrier, historien, souligne qu’il s’agit de « la première fois qu’un patron de presse prend autant de place ». En tant qu’actionnaire majoritaire du groupe Vivendi, le géant économique a constitué un empire. Une hégémonie qui n’est pas sans impact sur ses médias et sur leur ligne éditoriale très marquée à droite. CNews dépasse désormais BFM TV en terme d’audience. Un indice inquiétant pour la journaliste Nassira El Moaddem au vu des idées diffusées par la chaîne.

(De gauche à droite) Antoine Genton, Nassira El Moaddem, Alexis Levrier et Raphaël Garrigos ont animé ce débat. Photo : Romain Leloutre/EPJT

Il faut garantir la sécurité des journalistes. « Il est aberrant qu’en 2021, on en soit à se poser la question de la protection de l’intégrité physique des journalistes », a déclaré Alain Morvan, responsable de la CFDT Grand-Est. Lors de la conférence Police et journalisme, membres du gouvernement, forces de l’ordre et syndicats de journalistes ont salué les conclusions du rapport sur les relations entre la presse et les forces de l’ordre. Mais cette unanimité s’est arrêtée là. Au cœur du débat, l’épineuse question de l’identification des journalistes lors des évènements publics. Les syndicats sont contre tandis qu’elle est nécessaire pour les forces de l’ordre. La fin de la conférence a été marquée par un échange houleux entre les journalistes présents et Pierre-Henri Brandet, du ministère de l’Intérieur, sur la responsabilité des forces de l’ordre dans les agressions commises à l’encontre des journalistes.

Monde

Risquer sa vie pour le climat. Selon Christophe Deloire, secrétaire général de Reporters sans frontières, 22 journalistes ont perdu la vie lors d’enquêtes portant sur des sujets environnementaux dans le monde depuis 2008. Hugo Clément, journaliste chez FranceTV, précise que les journalistes ne sont pas les seuls menacés, mais aussi les militantes et militants rencontrés, comme en Amazonie, en Australie et en République démocratique du Congo. Morgan Large, journaliste chez Radio Kreiz Breizh, a énuméré les multiples intimidations dont elle a fait l’objet en enquêtant sur la filière volaille en Bretagne. Depuis la publication de ses travaux, les menaces se sont arrêtées mais elle se sent surveillée.

Sources : Comité pour la protection des journalistes et projet Greenblood du collectif Forbidden Stories

Pas facile d’être journaliste environnement au sud de la Méditerranée. « Dans les pays du Moyen-Orient et du Maghreb, la spécialisation environnementale des journalistes existe peu. » C’est ce que révèle une étude MédiaLab Environnement réalisée entre 2017 et 2020 en Algérie, au Maroc, en Tunisie, en Egypte, au Liban et en Jordanie. Dans ces pays, le journalisme qui porte sur la pollution et la gestion des déchets est soumis à des pressions. En Afrique de l’Ouest, au Togo, « l’environnement a toujours été respecté du fait de la tradition » précise Loïc Lawson, rédacteur en chef du Flambeau des Démocrates. Se considérant comme victime et non auteur du changement climatique, les journalistes togolais prônent un journalisme « capable de poser des actes concrets pour défendre l’environnement ».

Médias et environnement en Europe. La place des thématiques environnementales dans les 20-heures de TF1 et de France 2 est passée de 5 % des sujets abordés à respectivement à 12 % et 17 %, rapporte une étude présentée par Gilles Vanderpooten, directeur de Reporters d’espoirs. En Belgique, Gwenaelle Dekegeleer, journaliste à RTBF, se réjouit des initiatives journalistiques environnementales mais déplore leur manque de visibilité. Hanna Lundquist, journaliste et spécialiste des médias à Journalisten, a présenté le récent journal suédois Dagens ETC, qui compte trois journalistes d’investigation dédiés à l’environnement. Ségolène Allemandou a enfin présenté la plateforme EntR qui regroupe, en six langues, des initiatives environnementales faites par des jeunes.

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