FRANÇOIS HOLLANDE

« Aujourd’hui […] à Florange, vous constaterez qu’il y a plus de salariés qu’en 2012 »

Le 13 novembre 2020, l’ancien président de la République, François Hollande, a déclaré que le site de Florange de l’entreprise sidérurgique Arcelormittal compte plus de salariés aujourd’hui qu’en 2012. Or, l’entreprise comptait environ 2500 salariés en 2012 et seulement près de 2200 aujourd’hui selon la chargée de communication du site de Florange. 

LE CONTEXTE

Le 13 novembre 2020, François Hollande était invité du « Grand entretien » sur France Inter. Le journaliste Nicolas Demorand a proposé à l’ancien président de réagir aux propos d’Arnaud Montebourg à son encontre dans son dernier livre, L’engagement. Il y critique la gestion du dossier de la fermeture des hauts-fourneaux du site Arcelormittal de Florange par François Hollande. À cette époque, Arnaud Montebourg était ministre de l’Économie, du redressement productif et du numérique. Le 1er octobre 2012, la direction de l’entreprise annonçait la fermeture définitive des hauts-fourneaux, destinés à la transformation du minerai de fer en fonte liquide, après 14 mois d’arrêt. L’entreprise avançait vouloir réorienter l’activité du site de Florange vers la finition de l’acier. La fermeture menaçait 629 emplois. Face aux critiques d’Arnaud Montebourg sur sa gestion du problème, François Hollande a souligné le bilan positif des accords négociés avec la direction d’Arcelormittal : « 5 ans plus tard, il y a eu des investissements bien au-delà de ce que j’avais moi-même annoncé, plus de 200 millions d’euros. Il y a eu le refus de tout plan social et des créations d’emplois. Il n’y a eu aucun licenciement à Florange et aucune perte d’emploi. […] Florange a été une sauvegarde et aujourd’hui vous pouvez aller à Florange, vous constaterez qu’il y a plus de salariés qu’en 2012. »

L’EXPLICATION

En 2012, à l’issue des négociations entre le gouvernement et Arcelormittal, l’entreprise s’est engagée à réorganiser l’activité du site de Florange, investir à hauteur de 180 millions d’euros et à ne prononcer aucun licenciement. Ces mesures sociales ont fait l’objet d’un suivi, dont les conclusions ont été rendues en janvier 2019 par l’ancien sous-préfet de Thionville, François Marzorati au Premier ministre Édouard Philippe. Ce rapport montre que l’entreprise a honoré ses engagements. Sur les 629 postes supprimés, il n’y a eu aucun licenciement mais 256 départs en retraite et 40 départs volontaires. Selon le rapport, l’entreprise a effectivement investi plus que ce qui avait été annoncé en 2012, soit « plus de 300 millions d’euros fin 2018 » et « des embauches ont repris depuis fin 2014 avec plus de 300 nouveaux salariés en 4 ans, et les recrutements se poursuivent en fonction des besoins »

Cependant, le rapport faisait état de 2300 personnes employées au moment de sa publication en 2019. Un chiffre inférieur à celui de 2012, que la chargée de communication du site Arcelormittal de Florange estime à « près de 2500 salariés ». Elle souligne qu’« à ce jour, le site de Florange emploie près de 2200 salariés. »

Si François Hollande peut affirmer qu’il y a eu plus de 200 millions d’euros d’investissements, aucun licenciement et des recrutements, il fait erreur sur une éventuelle augmentation du nombre de salariés. Il y a moins de salariés en 2020 sur le site Arcelormittal de Florange qu’en 2012.

Les propos de François Hollande sont donc faux.

Emilie Chesné

La source à consulter

    • Rapport Marzorati, « Le suivi de l’accord de novembre des engagements du groupe Arcelormittal envers l’Etat », page 4. 

 

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