JEAN-MICHEL BLANQUER

« Des lycéens canadiens [ont] brûlé l’Odyssée [d’Homère] »

Le lundi 15 novembre 2021, dans une interview accordée au Point, le ministre de l’Éducation nationale, Jean-Michel Blanquer a annoncé le lancement d’un « plan européen pour le latin et le grec » qui vise à contrecarrer « le nationalisme et les attaques de l’Amérique woke ». Le mouvement woke prône plus de sensibilisation à la justice sociale et un engagement actif contre la discrimination et les inégalités. Le journaliste du Point explique dans l’interview que pour ces militants de la pensée woke, « le grec et le latin sont une manière de diffuser un supposé ‘suprématisme blanc’ ». Le ministre a donc répondu : « J’ai en effet lu et entendu ces critiques, dont certaines allaient jusqu’à affirmer que l’on trouvait chez Homère une apologie de l’esclavage. Des lycéens canadiens ont brûlé l’Odyssée … » Les journalistes de « CheckNews » de Libération ont retrouvé une interview dans le New York Times d’une professeure de langues anciennes de Princeton qui condamne la « complicité » du latin et du grec avec « l’injustice systémique ». Interrogés par « CheckNews », Emmanuel Lascoux et Pierre Judet de La Combe, deux spécialistes hellénistes, traducteurs reconnus de l’Odyssée ont affirmé qu’ils n’avaient jamais entendu parler de lycéens canadiens brûlant l’œuvre d’Homère. Contacté par les journalistes, le cabinet du ministre a affirmé que Jean-Michel Blanquer faisait « référence à l’autodafé en Ontario ». En 2019, près de 5 000 livres avaient été retirés des bibliothèques scolaires et pour certains brûlés en raison de leur caractère discriminatoire envers les communautés autochtones. Mais parmi eux, l’Odyssée ne fait pas partie de cette liste.

 Les propos de Jean-Michel Blanquer sont donc faux.

Pour lire l’article de « CheckNews » de Libération en intégralité, c’est ici :

 

Pin It on Pinterest