MURIEL PÉNICAUD

« 9 entreprises sur 10 augmentent leurs salariées à la sortie du congé maternité »

Muriel Pénicaud, ministre du Travail, a déclaré dimanche 8 mars 2020 que « 9 entreprises sur 10 augmentent leurs salariées à la sortie du congé maternité. » C’est vrai, si l’on se fie aux derniers chiffres publiés le 5 mars 2020 sur le site du ministère du Travail.

 

LE CONTEXTE

La journaliste Apolline de Malherbe a reçu Muriel Pénicaud dans son émission BFM Politique, le dimanche 8 mars 2020. À cette occasion, la ministre du Travail a affirmé que « 9 entreprises sur 10 augmentent leurs salariées à la sortie du congé maternité ». Muriel Pénicaud était invitée en pleine crise du Coronavirus. En plus des questions liées à cette épidémie, Apolline de Malherbe a questionné son invitée sur l’égalité salariale entre les femmes et les hommes, en cette journée internationale des droits des femmes.

L’EXPLICATION

Pour affirmer cette proportion importante de femmes qui sont augmentées à leur retour de congé maternité, Muriel Pénicaud s’appuie sur les résultats de la deuxième édition de l’Index de l’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes. Mis en place dans le cadre de la Loi pour la Liberté de choisir son avenir professionnel du 5 septembre 2018, l’Index vise à supprimer les inégalités dont sont victimes les femmes au travail. Il est basé sur 100 points et se calcule à partir de 4 à 5 indicateurs selon que l’entreprise fait moins ou plus de 250 salariés : l’écart de rémunération femmes-hommes (40 points), l’écart de répartition des augmentations individuelles (20 points), l’écart de répartition des promotions (uniquement dans les entreprises de plus de 250 salariés, 15 points), le nombre de salariées augmentées à leur retour de congé de maternité (15 points) et la parité parmi les 10 plus hautes rémunérations (10 points). Toutes les entreprises françaises de plus de 50 salariés sont soumises à une obligation légale de résultat. 

Concernant l’augmentation des femmes à leur retour de congé maternité, l’Index révèle une nette progression. La part des entreprises ne respectant pas leur obligation d’augmenter toutes les femmes à leur retour de congé maternité passe en effet d’un tiers en 2019 à une sur dix en 2020. 

Jusqu’au 1er mars 2020, seules les entreprises de plus de 1000 salariés étaient tenues de publier leurs résultats. Le ministère du Travail a réaffirmé sa volonté d’avoir recours au « name and shame », c’est-à-dire de pointer du doigt les sociétés fautives. Cette obligation concerne donc désormais les entreprises d’au moins 50 salariés. En plus d’être présentées par le ministère comme des «mauvaises élèves», les entreprises à l’Index inférieur à 75 points doivent mettre en place des mesures correctives pour atteindre ou dépasser ce palier dans un délai de 3 ans. En cas de non publication de leur Index, de non mise en œuvre de mesures correctives ou d’inefficience de celles-ci, elles risquent une pénalité financière s’élevant jusqu’à 1% de leur masse salariale annuelle. 

Au total, 40 000 firmes sont concernées, soit 9 millions de salariés, dont près de la moitié sont des femmes. Soixante-six pour cent de ces entreprises ont déjà publié l’index, dont 83 % des sociétés de plus de 1 000 salariés, 71 % de celles de 250 à 1 000 employés, et 49 % de celles de 50 à 250 salariés.

La phrase de Muriel Pénicaud qui affirme que « 9 entreprises sur 10 augmentent leurs salariées à la sortie du congé maternité » est exacte, puisque les chiffres annoncés en direct sur BFM TV sont bien ceux que révèle l’Index de l’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes.

Maïlis Rey-Bethbeder

Pin It on Pinterest