MARTINE WONNER

« On demande aujourd’hui, en France, aux pharmaciens de dénoncer sur un logiciel les médecins qui soignent »

Lors d’un rassemblement pour le sport organisé le 14 mars 2021 à Strasbourg, la députée LREM du Bas-Rhin et médecin de formation Martine Wonner, a critiqué la gestion de la crise sanitaire en déclarant : « L’Ordre des médecins, aujourd’hui, a une attitude qui n’est pas acceptable. Des confrères ont été licenciés, des confrères ont des suspensions d’exercer et on demande aujourd’hui, en France, aux pharmaciens de dénoncer sur un logiciel les médecins qui soignent. Mais où va-t-on ? »

L’équipe de Fake Off de 20 minutes explique que la députée fait référence à un fichage organisé de tous les médecins prescrivant des traitements non reconnus contre la maladie. Une affirmation démentie par le président de l’Union des syndicats de pharmaciens d’officine, qui explique que les pharmaciens ne délivrent simplement pas de « prescriptions fantaisistes hors autorisation de mise sur le marché ».
Ainsi, si un médecin souhaite par exemple prescrire un médicament qui n’a pas reçu l’ordre d’autorisation de mise sur le marché par le Conseil national de l’ordre des médecins, il doit le faire selon un protocole précis. Celui-ci consiste à le signaler sur l’ordonnance, et prévenir le patient qu’il engage sa responsabilité. Toujours selon Martine Wonner, les médecins prescrivant ce type de remède se « retrouvent convoqués sur dénonciation et encourent des sanctions qui peuvent aller jusqu’à la radiation du Conseil national de l’ordre des médecins ».
Elle fait notamment référence au logiciel Mésange qui, selon elle, aurait pour but de ficher ces médecins. Or, si le logiciel Mésange existe réellement, son but a été mal interprété par Martine Wonner. Le logiciel traite effectivement les traitements hors autorisation de mise sur le marché, mais dans un recueil anonyme – que ce soit pour les médecins ou les patients – et n’a pour objectif que de noter les éventuels mésusages de ces médicaments afin d’en identifier les possibles effets secondaires ou risques inconnus. Le formulaire est par ailleurs disponible en ligne et basé sur le volontariat, et a recueilli environ 200 notifications depuis 2017. Il est donc impossible pour les pharmaciens de dénoncer les médecins sur ce logiciel.

Les propos de Martine Wonner sont donc faux.

Pour lire l’article de « Fake Off » de 20 Minutes en intégralité, c’est ici :

 

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