VALÉRIE PÉCRESSE

« On va pouvoir avoir 500 lits de réanimation supplémentaires »

Le 7 mars 2021, Valérie Pécresse a annoncé que la région Île-de-France allait pouvoir ouvrir 500 lits de réanimation supplémentaires grâce à des fonds européens. Il s’agit en réalité de lits de réanimation « éphémères », ce qui rend son propos imprécis.

LE CONTEXTE

Invitée de BFM Politique, le dimanche 7 mars 2021, Valérie Pécresse, présidente de la région Île-de-France, a été interrogée sur la situation sanitaire. Elle a détaillé les moyens mis en œuvre en Île-de-France pour limiter la propagation du coronavirus. Selon elle, la meilleure façon d’éviter le confinement est d’empêcher la saturation des hôpitaux : «  On est allé chercher des fonds européens, 10 millions d’euros et on équipe en lits de réanimation supplémentaires des hôpitaux. […] On va pouvoir avoir 500 lits de réanimation supplémentaires.  »

L’EXPLICATION

Le 13 janvier  2021, la région Île-de-France a effectivement annoncé un plan d’investissement de 10 millions d’euros « en faveur des services de réanimation des hôpitaux publics et privés franciliens ». Son objectif : créer 500 lits de réanimation éphémères, c’est-à-dire 500 lits de soin continu qui peuvent être transformés, en cas de besoin, en lits de réanimation.

Sur son site, la Région annonce que 350 lits sont opérationnels ou en cours de déploiement dans près de 30 hôpitaux à la date du 10  mars  2021. Son service de presse précise que les 500 lits seront atteints en avril. La délibération adoptée en séance plénière du Conseil régional détaille les modalités de cet investissement aux hôpitaux franciliens qui se déploie autour de 4 axes : la surveillance des patients, leur ventilation, la formation des soignants et l’informatisation et numérisation. 

Pour créer plus de 500 lits de réanimation modulaires de manière graduée, la Région s’appuie sur le programme Réact-EU de l’Union européenne pour investir 10 millions d’euros donc. Ce programme européen de 55 milliards d’euros a pour but d’aider les régions les plus touchées par le Covid-19. Adopté en décembre 2020, le texte précise (p. 28) qu’une partie des ressources du programme sont dirigées vers le fonds européen de développement régional (FEDER), « pour soutenir les investissements dans des produits et des services destinés aux services de santé ».

Contactée par mail, l’Agence régionale de santé (ARS) d’Île-de-France modère cependant cette annonce : «  La région Île-de-France avait proposé 500 respirateurs, ce qui est différent de 500 lits puisque pour ouvrir un lit de réanimation, il ne faut pas seulement un respirateur mais plusieurs personnels soignants.  » La Région a indiqué qu’elle accompagnait la formation de soignants à la réanimation, mais celle-ci se fait en accéléré, comme l’explique Valérie Pécresse sur le plateau de BFM TV : «  Ils sont formés en trois semaines  », au lieu des quatre mois requis. 

L’ARS précise que la capacité normale de lits de réanimation en Île-de-France est de 1 130 lits, c’est sur ce chiffre qu’est calculé le taux d’occupation. Mais cette capacité a déjà été fortement augmentée, notamment lors de la première vague en avril 2020, quand la Région comptait près de 2 700 patients atteints du Covid-19.

Ainsi, la région Île-de-France a bien investi 10 millions d’euros pour ouvrir 500 lits de réanimation éphémères. Cependant, ils ne sont pas une solution permanente et engagent moins de moyens que des lits de réanimation permanents. Les propos de Valérie Pécresse sont donc imprécis.

Caroline Frühauf

Les sources à consulter

  •  Iledefrance.fr : « Covid-19 : création de 500 lits de réanimation modulaires pour les hôpitaux franciliens » (13 janvier 2021)
  • Europarl.europa.eu : « REACT-EU : soutien de l’UE pour atténuer les effets immédiats de la crise du COVID-19 » (7 septembre 2020)
  • Europarl.europa.eu : « REACT-EU, position du parlement européen, arrêtée en première lecture le 16 décembre 2020 » (16 décembre 2020)

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